PêlMêl: une histoire d'amour et de ... poubelle...

PêlMêl, c'est avant tout une grande histoire d'amour. Entre Mélanie (Moi donc) et la Haute-Corrèze, et plus particulièrement le plateau de Millevaches.

Née à Nancy (54), c'est ce qui est inscrit sur mes papiers d'identité. Mais en réalité, c'est sur le plateau de Millevaches en Haute-Corrèze que j'ai grandit dés l'âge de 3 mois, où je suis allée à l'école, au Collège puis au lycée, où j'ai fait mes premiers pas dans le monde du travail saisonnier (malgré mes études supérieures à Toulouse où j'ai pratiqué mes premières passions: la sociologie et le rugby) et où je reste 10 ans au service de la communauté de communes Bugeat-Sornac (du joli nom de "Millevaches au coeur", ça ne s'invente pas...) où je participerai à la création des différents services à la population dont certains expérimentaux voir unique en France.

 

Saint-Remy, Sornac, Ussel, Meymac, Egletons, Perols Sur Vézère, Saint-Merd Les Oussines...

Un joli parcours au coeur du plateau de Millevaches et plus largement de la Haute-Corrèze.

 

Bref on l'aura compris, dans mon coeur, c'est sur le plateau de Millevaches en Haute-Corrèze, que je suis née. Je suis donc pétrie de ses eaux et de son air purs, de ses paysages tous plus surprenants les uns que les autres de saison en saison, du caractère discret et modeste mais entier et fidèle de ses habitants, du gris de ses hivers et de ses pierres, et des verts, mauves et jaunes de sa végétation. 

 

Alors lorsqu'un changement de vie a été salutaire, c'est tout naturellement ici qu'il s'est fait. Pourquoi partir chercher ailleurs ce que l'on peut créer soi-même ici, au service des autres et de l'environnement? 

 

Et le changement, il s'est d'abord manifesté par une rupture insolite... avec ma poubelle...

Envahie de déchets en tous genres, j'ai cherché comment retrouver de l'air. Yoga, méditation, essais de consommation locavore, bio... Petit à petit, l'horizon devenait moins pollué. Mais je n'aime pas les incohérences, alors acheter local mais faire trop de kilomètres en voiture pour trouver l'ensemble des produits dont on a besoin ou acheter bio mais trouver des produits qui viennent du bout du monde et surtout sur-emballés par rapport à leur fonction, je ne trouve pas ça réellement sain...

Alors de lectures en expériences, je découvre un monde que j'ignorais totalement, un monde peuplé de gens bizarres aux pratiques minimalistes et qui paraissent à première vue d'un autre temps. Et pourtant, ce monde me parle et surtout ce monde est cohérent, c'est le mouvement Zéro Déchet.

Tout commence avec la lecture du livre de Béa Johnson "Zéro Déchet", devenu la bible en la matière. Puis je participe au co-financement de l'édition de l'ouvrage "Le scénario Zero Waste" par l'association Zéro Waste France. Je suis ainsi invitée à la soirée de lancement à Paris, et décide d'adhérer à l'association et de participer davantage encore à mon échelle à la réduction des déchets au quotidien. J'essaye tout un tas de choses qui visent à réduire ma production de déchets et constate entre autre à quel point il est difficile et énergivore de faire ses courses sans emballage près de chez moi.

Mais je redécouvre le marché de producteurs, l'utilité de certains produits naturels comme l'argile verte, le vinaigre blanc, le savon noir, le bicarbonate de soude... Je réalise (même si je le savais déjà) à quel point nous sommes conditionnés par la publicité dans le choix des produits que nous achetons...

Ma participation à la première réunion des porteurs de projet VRAC à Paris en fin d'année 2014 est une suite logique à mon engagement personnel dans la réduction des déchets. Sans savoir réellement comment je pourrais y participer, je découvre une cinquantaine de personnes, dont beaucoup de jeunes, de toute la France, qui inventent, créent, essaient, des solutions diverses pour développer la consommation sans emballage. Le réseau Vrac né ce jour là, et je suis dés lors l'évolution du réseau: Je vois se multiplier les participants, et l'ouverture des premières épiceries 100% vrac dans les grandes villes (Bordeaux, Marseille, Lille...). 

Et avec ma poubelle rien ne va plus, cette dernière cri famine, elle aura accueilli en tout et pour tout 6kg de déchets non recyclables ou compostables pour toute l'année 2015! La rupture est inévitable.

 

Alors cette fois c'est décidé, pour retrouver du sens et de l'air, je ne déménagerais pas dans une grande ville, je n'attendrais pas non plus que quelqu'un ai une éventuelle envie de créer une épicerie sans emballage sur le plateau de Millevaches.

 

Non c'est décidé, Je vais mettre ma créativité et mon expérience du zéro déchet au service de mon territoire bien aimé et créer PêlMêl à Meymac!